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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/245

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jugement de la postérité différera complètement de celui des contemporains. Eux l’avaient loué pour son talent aimable et spirituel ; elle le glorifiera pour sa conscience forte et fidèle.

Les lettres du père Didon n’ont causé de surprise qu’à ceux qui ne le connaissaient ni de près ni de loin. Il suffisait d’avoir recueilli le moindre écho de ses appels, d’avoir croisé un de ses regards ou saisi un de ses gestes pour deviner le soldat. Et c’est de lutte, de combat, de victoire qu’en effet il est question, presque à chaque page du volume très intime qui vient d’être inopinément présenté au public. On doit savoir gré à Mlle V… de l’avoir publié ; l’impression générale n’est pas à son avantage. On y voit clairement que le père Didon, trop occupé pour être prodigue de ses épîtres et d’ailleurs peu porté par tempérament aux épanchements de la correspondance, avait fondé sur celle qu’il dénomme à maintes reprises « sa fille unique » les plus hautes espérances, la jugeant capable de mener à bien une œuvre de réforme morale et pédagogique d’une grande portée ; et on voit également que ses espérances ont été trompées. Aussi bien n’est-ce pas la personnalité de Mlle V… qui occupe la première place, mais celle