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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/244

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la chronique

mait le fameux « Article 7 » de Jules Ferry ; il voulut le dire. Tout l’effort des républicains pesa sur lui pour le détourner d’intervenir : son intérêt l’y conviait également. Il pouvait, à cette époque, espérer redevenir premier ministre. Mais, après cette bataille-là, où trouverait-il une majorité pour le soutenir ? Si sa conscience l’exigeait, il la satisferait en conservant l’indépendance de son vote individuel : qu’avait-il besoin de chercher à entraîner ses collègues ? Ce compromis avec lui-même, chacun le lui suggérait. Attristé mais résolu, il n’écouta que la voix du devoir. Son éloquence gagna : l’article 7 fut repoussé et sa « trahison » fit grand scandale au camp républicain. Huit années passèrent encore et le péril de l’aventure boulangiste le retrouva, à 72 ans, défendant, la plume à la main, sa déesse menacée, avec une énergie et une vigueur inlassables ; et les républicains, reconnaissants, reprirent le chemin de sa demeure. Ainsi les hommes et les choses tournaient autour de lui sans l’ébranler ni le déplacer et quand — bientôt — sur cette Place de la Madeleine, en face de la demeure où s’est écoulée presque toute sa longue existence de Parisien, sa statue va se dresser, il se trouvera que le