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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/241

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amour de la patrie les inspirait l’un et l’autre. Les souvenirs de Jules Simon, recueillis par la piété filiale des siens, nous le rendent tel que la présente génération l’a connu et aimé, vieilli déjà par l’expérience acquise, le savoir amassé, les horizons atteints, les désillusions éprouvées, — toujours jeune par son active conception du devoir, par l’infatigable élan de son travail quotidien, par la sereine obstination de sa croyance au bien. L’accord de ces qualités qui se succèdent plus souvent qu’elles ne se confondent, donnait au langage de Jules Simon un cachet tout particulier. Dans les discours familiers auxquels il excellait, ses auditeurs, quand bien même ils s’y attendaient, étaient toujours surpris de l’aisance avec laquelle il leur faisait atteindre les très hauts sommets. On eut dit au début, un homme lassé, un peu sceptique, se méfiant des envolées, soucieux surtout d’élégante ironie et de joli style ; et sous cette parure raffinée c’étaient les idées les plus généreuses, les ardeurs les plus nobles, les espoirs les plus réconfortants qui se faisaient jour ! Les volumes qui, par les soins de ses fils, viennent de s’ajouter aux œuvres de Jules Simon, sont consacrés à son enfance et à sa vieillesse. C’est au moins ce qu’in-