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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/237

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ont été longs à revenir de leur erreur. Puis la griserie de la vitesse s’est emparée des chauffeurs. M. de Dion leur rappelait très opportunément, il y a quelques mois, que l’automobile est destiné à remplacer « non le chemin de fer, mais les chevaux ». On ne s’en douterait guère à voir les véhicules nouveaux filer sur toutes les routes de France, sans grand souci de la sécurité publique. À mesure que diminuent, pour les chauffeurs, munis maintenant de machines perfectionnées et robustes, les chances d’accidents et de « pannes », le danger couru par les passants s’accroît ; ils sont renversés fréquemment et parfois écrasés. Les plaintes ont forcé le gouvernement d’intervenir, mais il n’a pas su s’y prendre et son intervention a été jusqu’ici aussi défectueuse que maladroite. La police impuissante à arrêter ceux qui vont trop vite, s’en venge sur ceux qui vont à allures modérées et verbalise contre eux à tout propos, prétendant apprécier les vitesses à vue de nez, ce qui est absurde ; les énormes plaques numérotées dont on affuble les autos deviennent illisibles d’autant plus rapidement que l’allure est plus excessive : enfin la limitation de la force des moteurs est une utopie parce que, pour fournir des moyennes rai-