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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/231

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les autres capitales d’Europe. Il en ressort que, même dans notre vieux monde, la locomotion s’accroît en proportion des facilités qu’on lui offre ; la satisfaction crée le besoin. Il faut d’emblée dépasser celui de demain si l’on ne veut pas se trouver impuissant à satisfaire celui d’après-demain.

Et malgré qu’un décret de mars 1899 y ait autorisé la construction de 19 lignes nouvelles de tramways, Paris aura quelque jour à se construire un second Métropolitain qu’on fera bien d’établir en l’air, celui-là, ce qui rend les agrandissements possibles. Ces tramways nouveaux couvrent près de 200 kilomètres ; ils sont à câbles aériens hors des murs ; mais dans la ville, on s’obstine, dans une pensée d’esthétisme aussi fausse que gênante, à maintenir le système des plots ou pavés électriques, malgré le danger qui en résulte pour les chevaux ou pour les passants. Sur les anciennes lignes, la traction animale a été peu à peu remplacée par la traction mécanique soit à vapeur, soit à air comprimé, soit à électricité. Avec tout cela, Paris est médiocrement desservi à grands frais, sans parler des accidents — pendant que telle ville de province, le Havre par exemple, possède un magnifique réseau de tramways homogènes,