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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/19

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de france

Si demain la mort mettait fin au pontificat de M. Berthelot, Émile Zola serait tout désigné pour le remplacer. Il y aurait gradation. Lorsque Zola célèbre l’avenir de la Science, il ne le fait pas seulement avec enthousiasme, il le fait avec frénésie et comme en extase. Il conçoit la cité future d’une façon certaine sinon précise. Aux nombreuses descriptions qu’il en a déjà données il vient d’ajouter 700 pages[1] toutes pleines du contraste entre notre monde actuel fait « de misère inique et de richesse empoisonneuse » et cette cité bienfaisante où deviendra possible « l’expansion de l’individu libéré dans une société harmonique ». Tout y sera simple, droit, lumineux ; aucune répression ne sera plus nécessaire car la bonté, l’esprit de justice, toutes les vertus seront engendrées par le culte et la diffusion de la vérité scientifique.

Renan, Berthelot et Zola ne sont point des maîtres ordinaires ; il est naturel qu’ils forment de nombreux disciples et que les doctrines auxquelles ils adhèrent en reçoivent un réel prestige. Ainsi s’est établi peu à peu un état d’esprit singulier, à

  1. Travail, par Émile Zola.