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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/18

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la chronique

fidèle au culte de la Science, mais chez lui, l’enthousiasme se tempérait en toutes choses d’une petite pointe de scepticisme et d’ironie. Rien n’atténue, au contraire, l’ardeur de la foi chez M. Berthelot qui lui a succédé dans les fonctions de Grand Prêtre honoraire de la religion scientifique. « La Science, écrivait dernièrement l’illustre chimiste,[1] a produit l’affranchissement des peuples..… la culture des sciences a pour effet de plier l’esprit humain au respect absolu de la vérité..… elle développe à la fois le sens moral et le sens artistique..… c’est une école de sincérité morale et de modestie incomparable ; c’est aussi une école d’affranchissement intellectuel ». M. Berthelot en attend l’établissement de l’égalité et de la paix universelles, car, dit-il, « l’enseignement scientifique étant le même pour tous les citoyens, il est évident qu’il tend d’une façon finale au nivellement général des classes sociales aussi bien que des intelligences ». Ainsi s’établira, avec l’égalité, « la fraternité de tous les hommes rendus solidaires par la sainte loi du travail ».

  1. Revue de Paris du 1er février.