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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/164

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la chronique

d’armes extraordinaires, de prouesses individuelles où se marque l’impulsion des instincts primitifs et des ambitions irraisonnées. C’est Jean de Béthencourt qui s’empare des Canaries (1402), c’est Jean Cousin qui tente la découverte des Indes Orientales (1488). Ce sont Paulmier de Gonneville, Denis de Honfleur, Thomas Aubert, Jean Parmentier, surnommé « il gran capitano francese », Adalbert de la Ravardière et tant d’autres dont les noms sont presque oubliés. Il y a aussi des vengeurs : tel, le brave Ango, qui capture trois cents bateaux et, remontant le Tage, impose la paix à Jean iii de Portugal, coupable d’avoir fait couler des navires français dans les eaux brésiliennes (1539) ; tel encore, ce gentilhomme de Mont-de-Marsan, de Gourgues, qui part de Bordeaux avec deux cents hommes, le 2 août 1567, pour venger les neuf cents Français, massacrés, deux ans plus tôt, par les Espagnols dans la Caroline, en immole à son tour près de quatre cents et revient chez lui le cœur content. Tous ces hommes préparent, sans s’en douter, l’expansion future de la France.

François ier, en fondant le Havre (1537), marque le premier que cette expansion est « affaire du Roi », ce qui pour l’époque, veut dire : question