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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/155

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M. Delcassé au ministère facilitait toutes choses. Le crédit personnel, dont il jouit à Saint-Pétersbourg, lui permit d’obtenir, pendant son dernier séjour, l’adhésion immédiate de Nicolas ii. Dès le mois de juillet, le programme du voyage fut arrêté, et le Tsar s’en montra tellement satisfait, qu’il décida l’impératrice à l’accompagner.

Les discours échangés, tant à Dunkerque qu’à Compiègne et à Reims, soulignèrent le nouvel aspect de l’alliance. Une évolution profonde, en effet, s’est accomplie dans les relations des deux gouvernements. Au temps où Alexandre III et le président Carnot la scellèrent, l’alliance n’était qu’une ligue défensive destinée à mettre la France à l’abri de certaines attaques. Si les deux chefs d’État ont porté leurs regards plus loin, ils pensèrent, en tous cas, que l’heure n’avait pas sonné d’agir au-delà. Ce caractère de l’alliance subsista sous la présidence de Félix Faure. Lors de leur visite en Russie, Félix Faure et M. Hanotaux firent porter tout le poids de leur influence sur la proclamation publique du fait accompli, mais rien ne fut changé au fond des choses. M. Delcassé, au contraire, s’appliqua à parfaire l’accord et à créer des habitudes d’intimité entre