Ouvrir le menu principal

Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/150

Cette page a été validée par deux contributeurs.
138
la chronique

frappant. Il se peut, qu’étant donné les habitudes bien connues des Turcs, on eût gagné à prolonger l’occupation et à garder Mitylène en gage pendant quelque temps. Mais alors, des susceptibilités étrangères n’auraient pas manqué de se manifester ; l’Europe n’aurait pu voir, sans en prendre alarme, la France s’installer dans une pareille position à l’entrée des Dardanelles. En même temps qu’elle faisait éclater à tous les yeux la parfaite loyauté de la République, l’évacuation rapide soulignait encore la force de ses armes, puisqu’elle était la conséquence d’une soumission absolue et immédiate à toutes les exigences formulées dans les deux ultimatum : le premier, relatif aux différentes créances énumérées ci-dessus ; le second ayant trait aux écoles non encore reconnues par la Porte, aux exemptions de taxes accordées aux établissements religieux et hospitaliers Français, à la reconstruction des établissements scolaires et autres, détruits pendant les troubles d’Arménie et enfin à l’investiture jusqu’alors refusée au patriarche Chaldéen, élu à Mossoul. Sur tous les points, le Sultan avait dû capituler. Sous le couvert d’intérêts financiers privés, la France l’avait obligé à reconnaître et à proclamer une fois de plus, dans