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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/149

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de france

Compiègne et approcher la date de la rentrée des Chambres. Le Sultan, vaguement inquiet, demandait la médiation des autres puissances ; mais toutes, même l’Allemagne, étaient réduites à lui refuser leurs bons offices, tant la France, par sa longanimité, avait ajouté de force au bien-fondé de ses exigences. Tout d’un coup, le tonnerre éclata. Avant qu’on sût son départ, l’escadre Française fut en route ; avant qu’on eût fini de discuter sur sa destination, elle avait occupé l’île de Mitylène. En même temps, un ultimatum de haute portée, dont chaque terme avait été l’objet d’une réflexion compétente, fut remis au gouvernement Ottoman et, par ordre de leur chef, les ambassadeurs Français accrédités près des grandes puissances leur firent une communication rassurante sur les intentions pacifiques de la République. Trois jours plus tard, la Porte cédait sans conditions. M. Delcassé ne se contenta pas de la décision de la Porte ; il voulut l’iradé impérial et exigea encore qu’on lui donnât connaissance des ordres d’exécution. Satisfaction immédiate lui ayant été octroyée sur tous ces points, l’escadre Française quitta Mitylène.

Ce dernier fait ne fut ni le moins habile, ni le moins