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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/148

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la chronique

la longue, après avoir été vingt fois éconduit ?

Le sultan commit la faute immense de laisser partir M. Constans qui avait annoncé son départ pour le cas où satisfaction ne lui aurait pas été donnée dans un délai voulu. Ce n’est plus un secret aujourd’hui que M. Constans en fut le premier surpris ; il ne s’attendait pas à ce qu’on le laissât partir. Mais il était trop fin politique pour ne pas mettre sa menace à exécution. Les choses, désormais, prenaient une tournure sérieuse et le Sultan s’était mis dans un mauvais cas. Il allait avoir affaire à forte partie. Le ministre des Affaires Étrangères de la République Française comprit immédiatement le parti à tirer de la situation, et on ne sait qu’admirer le plus de la patience qu’il déploya dans le deuxième acte de ce petit drame, puis de la fermeté dont il fit preuve dans le troisième.

La France eût l’air de se désintéresser des incidents de Constantinople ; elle avait formulé ses réclamations ; on lui avait manqué de respect ; elle avait retiré son ambassadeur ; elle attendait maintenant, comme dédaignant d’employer la force, qu’on lui donnât enfin satisfaction. M. Delcassé laissa passer le séjour de l’Empereur de Russie à