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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/145

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l’éclairage des côtes. D’importantes branches de commerce, comme celui de la soie à Brousse, d’importantes exploitations, comme celles des charbonnages d’Héraclée et des bitumes de Selenitza sont entre des mains Françaises. Des propriétés foncières dont le total est estimé à une valeur de 62 millions, un commerce qui balance, dans ces régions, celui de l’Angleterre, de nombreuses écoles où la langue Française est enseignée, tels sont les intérêts matériels de la France en Orient. En ajoutant le commerce annuel aux capitaux engagés, ces intérêts n’atteignent pas loin d’un milliard de francs.

Tout se tient dans la civilisation moderne ; le prestige national et le taux des échanges sont étroitement unis ; une diminution d’influence se traduit par des pertes d’argent, et un abaissement du chiffre des affaires entraîne un amoindrissement moral. Pour rétablir directement son prestige, la France eut été obligée de diriger une intervention sur un des points vitaux de l’Empire Ottoman : Le Caire, Jérusalem ou Constantinople. Ni la Crète, ni l’Arménie n’eussent fait l’affaire. Au moment de la guerre Gréco-turque ou des massacres Arméniens, le cabinet de Paris aurait pu