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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/136

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la chronique

on s’était accoutumé, au-delà des Alpes, à l’idée qu’une détente ne saurait se produire entre les deux pays sans que l’Italie renonçât préalablement à faire partie de la Triple alliance. C’eut été pour elle, payer d’un prix trop élevé les avantages résultant d’une reprise des relations commerciales avec sa voisine. D’autre part, les Français s’imaginaient que toute marque de sympathie donnée par eux aux Italiens entacherait leur dignité et affaiblirait la portée de leur alliance avec la Russie. M. Delcassé aperçut l’inanité de tels préjugés et s’employa à les dissiper. Il provoqua cet échange d’« explications loyales » auquel il a fait allusion depuis dans une de ses communications à la Chambre des députés. On vit aussitôt que si les intérêts respectifs des deux nations ne sont pas, à l’heure actuelle, assez semblables pour comporter une alliance précise, aucun antagonisme du moins n’existe qui s’oppose à l’établissement entre elles d’une amitié durable.

Une convention économique était insuffisante à déterminer dans les relations franco-italiennes un revirement si considérable et à en marquer l’importance devant l’Europe attentive. Une occasion se présenta de faire davantage. L’es-