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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/116

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la chronique

âgés de plus de dix-huit ans, il y a eu 50.000 votants et 18.000 se sont prononcés contre la grève. En octobre, la minorité tomba à 10.000, mais le nombre des votants n’augmenta pas et dans le bassin houillier du Pas-de-Calais, on releva jusqu’à 7.644 non contre 12.564 oui.

Conformément aux résultats de ce plébiscite, le Comité Fédéral des Mineurs de France se réunit pour aviser. De plus en plus embarrassé, il imagina, pour gagner du temps, de s’adresser au président du Conseil en lui posant à nouveau le triple ultimatum des mineurs : établissement d’un minimum de salaires — retraite de 2 francs par jour après 25 ans de travail — journée de 8 heures. M. Waldeck-Rousseau répondit le 16 octobre par une lettre précise et glaciale qui contenait une fin de non-recevoir et ne marquait aucune crainte. Le ministre se bornait à rappeler aux mineurs que « les réformes ne se décrètent pas à échéances fixes », et, parlant de la grève générale, ajoutait : « S’il est à craindre que le pays n’en éprouve un dommage, on peut redouter aussi qu’elle ne serve mal les intérêts que vous vous proposez de défendre ». Même échec au dehors. Les mineurs Français s’aperçurent, au congrès international de