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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/115

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pas très brillants. Ils paraissent se débattre au milieu d’inextricables difficultés. Il ne s’agissait, cette fois, que de la grève générale des mineurs et on avait décidé de recourir, avant de la déclarer, à un Referendum. Cette solution avait été présentée aux grévistes de Montceau-les-Mines comme l’Arche de Salut qui allait les tirer d’embarras. Mais le congrès de Saint-Étienne, fort embarrassé lui-même, proclama le principe de la grève générale, ce qui ne veut rien dire du tout et se déchargea, quant à l’application, sur un autre congrès qui se réunit à Lens le 11 avril. Celui-là fut bien forcé d’organiser le référendum ; il en organisa deux, non sans avoir déclaré que les abstentions seraient comptées comme votes favorables ; précaution nécessaire, car les meneurs prévoyaient des abstentions en nombre considérable. Leurs prévisions, pourtant, ont encore été dépassées ; près des trois cinquièmes des inscrits n’ont point voté, et il est vraisemblable que ceux-là n’étaient pas des partisans de la grève. Au referendum d’avril, sur 127.000 mineurs[1],

  1. En comptant les femmes et les enfants, la population minière ressort, en France, à 160.000.