Ouvrir le menu principal

Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/108

Cette page a été validée par deux contributeurs.
96
la chronique

chevêtrement international des capitaux et loin d’être nuisible, cette situation pourrait bien, en fin de compte, tourner au profit de la politique pacifique et de la stabilité générale. Mais étant donné la lenteur proverbiale avec laquelle les Français modifient leurs habitudes, surtout en ces matières, il est évident que cette fois, la crainte seule a pu agir sur eux de façon à déterminer un mouvement aussi considérable. On sait, d’autre part, que les dépôts Français dans les banques Suisses et Belges ont augmenté soudain dans une proportion imprévue et il faut peu connaître les capitalistes Français pour ne pas deviner qu’ils ont dû se faire violence en consentant à avoir leurs dépôts au-delà des frontières.

Comme dernier symptôme, il convient de noter les expressions de mécontentement non équivoque qu’en maintes circonstances les industriels, les financiers et les représentants des intérêts patronaux ont laissé échapper. En recueillant de la bouche d’un grand industriel, la confession suivante, le Figaro paraît avoir donné la note du genre de découragement qui tend à percer. « Les patrons ? ils lâcheront l’industrie. Un patron qui connaît bien les besoins de sa clientèle