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Page:Pierre de Coubertin - Anthologie, 1933.djvu/183

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anthologie


charte de la réforme sportive
1930

Ce que l’on reproche au sport se ramène à trois ordres de griefs :

Surmenage physique.

Contribution au recul intellectuel,

Diffusion de l’esprit mercantile et de l’amour du gain.

On ne peut nier l’existence de ces maux, mais les sportifs n’en sont pas responsables. Les coupables sont : les maîtres, les pouvoirs publics, les dirigeants de fédérations et la presse.

Les mesures de salut qui s’indiquent sont les suivantes :

Établissement d’une distinction nette entre la culture physique et l’éducation sportive d’une part, l’éducation sportive et la compétition d’autre part.

Création d’un « baccalauréat musculaire » selon la formule suédoise avec épreuves variant d’après la difficulté, l’âge et le sexe ;

Championnats internationaux tous les deux ans seulement, les années 2 et 4 de chaque Olympiade ;

Suppression de tous championnats organisés par des casinos et des hôtels ou à l’occasion d’expositions et de festivités publiques ;

Suppression de tous Jeux mondiaux faisant double emploi avec les Jeux Olympiques et ayant un caractère ethnique, politique, confessionnel… ;

Suppression des combats de boxe avec bourses ;

Introduction des exercices aux agrès parmi les sports individuels sur un pied de parfaite égalité ;

Unification désirable des sociétés dites de « Gymnastique » et dites « Sportives » ;

Acceptation de la distinction entre le professeur et le professionnel, le premier pouvant être considéré comme amateur dans tous les sports qu’il n’a pas enseignés ;

Recours au serment individuel, prêté par écrit avec énumération des diverses sources de profits susceptibles d’être réalisés ;

Suppression de l’admission des femmes à tous les concours où des hommes prennent part ;

Renonciation des municipalités à la construction d’énormes Stades destinés aux seuls spectacles sportifs et substitution à