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Page:Pierre de Coubertin - Anthologie, 1933.djvu/11

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anthologie

pour créer quoique ce soit de nouveau, en art comme en science, en religion comme en politique.

On connaît moins sans doute, parce qu’il ne s’agit plus ici de grands spectacles à faire tressaillir les foules autour de stades fameux ou colossaux, on connaît moins ses écrits sur l’enseignement et la pratique raisonnable des sports. Une conception si sage, si claire, du retour à l’expérience hellénique, modèle de toute mesure et toute raison, assurant le juste équilibre de l’esprit et du corps, sans aucun sacrifice de l’intelligence à la matière, l’a-t-on toujours bien comprise ? Je n’en jurerais pas, sachant aussi, pour en avoir fait l’épreuve, qu’il est difficile de faire entendre à ses contemporains les vérités pour nous les plus évidentes, quand elles sont combattues ou déformées par les préjugés et les traditions.

Mais il n’était pas de ceux qui se lassent d’enseigner ce qu’ils ont reconnu juste, ce qu’ils savent, de toute évidence, utile. Il n’a donc point cédé à ce pessimisme où sombre souvent l’enthousiasme des idéalistes trop impatients, devant les lenteurs et les reculs de la marche humaine. L’esprit libre, la conscience tranquille, souriant aux obstacles, redressé contre le malheur même, il a poursuivi son chemin ; et il ne s’est pas attardé non plus aux attraits de l’ambition, aux jouissances de la renommée.

Il se pourrait que l’on connût moins encore, chez nous, les études et les nombreux articles de Pierre de Coubertin consacrés à la réforme de la pédagogie. Non content de critiquer tout ce qu’il y a de fragmentaire, d’erroné dans des méthodes d’enseignement séculaires, il a tracé le programme nouveau qui, à son avis, s’adapterait le mieux à l’état actuel de nos connaissances, à la formation complète de l’esprit. À Lausanne, à Genève, à Aix-en-Provence, il a non seulement indiqué le but, mais ouvert pratiquement la voie.

Que d’idées hardies, que de vues simples et ingénieuses, exposées avec une sereine et modeste fermeté ! Les notions d’astronomie et de cosmographie mises au début de l’enseignement, pour situer la jeune et fraiche intelligence de l’écolier au centre de cet univers dont il doit prendre conscience, au lieu