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Sur la face opposée de ce monument, est cette autre inscription :

Il se repose de ses travaux,
Et ses œuvres le suivent.


Au sujet de cette tombe d’un ministre protestant, élevée au milieu des tombeaux catholiques, et dans l’ancienne propriété d’un des plus cruels persécuteurs du protestantisme, M. Caillot s’écrie : « O pouvoir des temps et des révolutions qu’il traine à sa suite ! un ministère de Calvin repose non loin de ce Charenton, où la religion réformée vit son temple démoli, et ses prédicateurs proscrits ! Il repose sous cette terre, où un jésuite venait sans doute souvent méditer ses plans d’intolérance et de persécution ! Oh ! si Claude et Julien pouvaient sortir de leurs tombes lointaines, et revenir sur les routes d’où ils pouvaient apercevoir les hauteurs menaçantes de Mont-Louis ! S’ils apprenaient que le tombeau d’un descendant des illustres Mestrezat de Genève domine au loin sur les alentours de Charenton, ne penseraient-ils pas d’abord que toute la France professe la doctrine qu’ils défendirent avec tant de courage ? Et quand ils sauraient qu’un Bourbon, qu’un descendant du pénitent du père La Chaise, commence à rassembler les morts dans les mêmes sépulcres, en attendant qu’il puisse déterminer les vivans à se rassembler dans les mêmes temples, quel ne serait pas leur étonnement ?… »


XXIV. À côté du monument consacré à la mémoire du ministre Mestrezat, un peu sur la gauche, l’ami des lettres, l’admirateur de la vertu peut et doit remarquer un tombeau extrêmement simple, composé d’une pierre modeste légèrement inclinée, sur laquelle est écrit :