Ouvrir le menu principal

Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/97

Cette page a été validée par deux contributeurs.


soupe. Le dîner l’amusa. Il y avait des biftecks, des pommes de terre frites, et elle s’était essayée à une marmelade de pommes. Elle y trempa le doigt, puis cela la fit penser à ses mains. Elle les montra.

— Vous voyez, j’ai des mains de cuisinière, des mains de ménagère.

Elle se fixa une minute sur ce mot de ménagère, pensa au gouvernement de quatre casseroles, à son fourneau, à son charbon de bois et sentit tout un élan comme lorsqu’on part sur un sujet nouveau. Puis elle fit volte-face pour montrer autre chose :

— Bien sûr ! Je suis venue à Paris exprès pour vous voir. Moi, je vous aime. Je vous aimais avant de vous connaître. Et puis je sais tout. Vous êtes venu à Paris avec un vieux. Monsieur Crouzat m’a dit que vous l’aviez amené par le bout du nez. Un jour, vous l’avez lâché, vous lui avez laissé le nez et ça l’a entraîné dans l’eau. Il avait un nez en plomb.

Elle était contente d’avoir trouvé cela. Elle rit, elle parla presque son rire : Hi hi hi ! comme une petite fille, parce qu’elle savait que les petites filles plaisent beaucoup. Puis,