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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/96

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On entendit dans la cuisine une voix claire qui riait. Elle avait transporté là un peigne, une boîte de poudre de riz, une houpette, et elle se donnait un petit coup avant de se présenter à Jean. Comme elle allait venir, elle se ravisa, mouilla le bout de son doigt et lissa ses deux sourcils. Pour un peu, elle l’oubliait.

Elle arriva tout simplement. Elle était blonde, elle était blanche, la poudre de riz la rendait plus fine, presque friable. Elle ne fit pas briller ses yeux comme lorsqu’on pense, elle s’avança et les tendit : Ils étaient bleus et étendus. Elle en fut contente et dit :

— Oh ! je vous connais. Et puis je n’ai pas peur. Vous êtes un jeune homme. Je n’ai jamais vu de jeune homme, mais je n’ai pas peur.

Raphaël sourit et dit :

— C’est vrai… Tu vas l’embrasser.

Jean l’embrassa, puis elle dit :

— À moi !

Elle sauta sur lui et l’embrassa deux coups : pan ! pan ! Après quoi elle courut se réfugier à la cuisine.

Quand elle en revint, elle apportait la