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arrivèrent devant un hôtel de la rue Vavin. Un pas, qui suivait l’autre pas, claquait au trottoir et s’en allait encore. C’était un de ces jours que l’on ne connaît pas, que l’on n’attend pas et qui descendent tout à coup des hauteurs où le hasard les tenait suspendus.

La nuit tombait sur le soir et s’arrêtait au seuil d’une maison. Ils montèrent un étage, ils en montèrent un autre, Raphaël frappa à une porte, quelqu’un l’ouvrit de l’intérieur ; il y avait une chambre, puis une cuisine ; comme ils entrèrent, une femme s’y réfugia, dont on voyait tout juste le bas de la jupe. Jean, songeant à l’ancienne, allait la saluer déjà. Raphaël eut une terreur soudaine, se pencha vers lui et lui dit à l’oreille :

— Prends garde, hein ! C’est pas la même.

C’est ainsi que Jean connut qu’en effet Raphaël portait « autre chose » en pointe.

— Eh bien, le voilà, ma loute ! je te l’amène.

Ze-te-l’amène. Elle ne voulait pas que je te le dise. Elle m’a dit : « Tu ne lui diras pas que tu as une loute. Je veux le surprendre. Je verrai sur sa figure si je lui plais. Je veux lui plaire. »