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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/94

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son ancienne amitié, son ancienne histoire et la faisait tomber à l’ancienne place. Jean, qui s’était déplacé, le laissa pourtant aller à lui. Il n’y avait rien à dire. Des camarades communs, que Raphaël voyait, lui avaient indiqué le bureau de Jean et lui avaient raconté l’histoire de l’usine et l’histoire du vieux.

Il prit Jean par le bras et l’entraîna. C’était le 24 octobre. Le ciel était dépouillé de sa gloire brillante et, à l’horizon d’ouest, des nuages bordés de dorures et de rouille accueillaient le soleil comme des îles où des fêtes accueillent un équipage. Quatre mois d’été tombaient en cendres et, devant le regard, voltigeaient, avec la triste monotonie des longs bonheurs. Jean avait des glorioles et des phrases. Il dit :

— Bah ! lorsque j’interrogeais ces beaux jours, aucun ne me donnait le grand conseil. Et pourtant le monde est si près de mon cœur !

Raphaël rit, d’un rire profond. Il n’était pas causeur, mais il aimait ceux qui parlent et goûtait devant eux un sentiment d’équilibre.

Ils remontèrent le boulevard Saint-Michel, entrèrent dans le Luxembourg, marchèrent,