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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/92

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sur la misère du monde avec tout le poids de sa jeunesse de pauvre. Ils vécurent plusieurs mois des jours cachés, des jours de pain sec, des jours engloutis. La misère eut pitié de son dévot et lui résista avec l’entêtement des courants populaires. Les gueux sont fiers : celui de Jean se jeta un soir d’hiver dans la Seine. Il disparut en connaissance de cause et se déboucla de lui-même comme une entrave d’un autre âge. Jean y gagnait la liberté. Il n’avait jamais su ce qu’en faire et la regardait couler entre ses doigts.


Plus d’une année avait passé depuis. Un soir, il sortait de son bureau comme à l’ordinaire. La porte était franchie ; il se campait alors, examinait les quatre coins et attendait qu’un souffle d’air vînt lui apporter sa destinée. Un soir, Raphaël était là. Jean n’eut pas de surprise : il savait que quelque chose croissait entre les pavés. Mais c’était un homme, et il se trouva un peu déçu.

— Tiens ! maintenant tu portes la barbe en pointe, dit-il.