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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/91

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cune attache, du père au fils changer d’esprit. Il avait cru aux cultures hâtives, à la science des écoles, aux raisons de la tête gouvernant les mouvements du cœur. Il perdit sa place. Ce ne fut pas une grande chute : tout simplement il reprit son rang. Les siens l’accueillirent comme un coursier qui devait porter loin leurs couleurs et qui tombait à trois cents mètres du départ. Il était si naïf qu’il en fut surpris et qu’il s’en fâcha. Il connut alors un singulier prurit de se rabattre encore, de trouver les siens trop hauts pour lui et de chercher jusque chez les pauvres son équilibre et sa foi. La chose n’est pas sans romantisme.

Jean se toqua d’un de ses oncles, ouvrier hors d’usage qui, à soixante-huit ans, ayant perdu sa femme qui le faisait vivre, ne savait comment vivre sans elle[1]. Il le prit à son compte et l’emmena à Paris, où il venait de se caser à nouveau, aux appointements de cent francs par mois. Il se comptait parmi les faibles, ne croyait à rien qu’à son malheur intime, s’étendait là-dessus et eût voulu peser

  1. Le Père Perdrix.