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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/85

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Il redevint grave comme lorsque la vie se fait difficile et qu’il ne faut gaspiller aucun sentiment. Elle se baissa, puis elle prit ce tortillement de chatte qui se frotte au bon endroit.

— Je ne t’en ai pas parlé ; je t’aimais assez pour savoir que tu ne voudrais pas.

Il la regarda, elle tendit les yeux pour qu’il la vît encore mieux.

De ce qui se passa ensuite, d’un voyage à Lyon que fit Basile, de tous les renseignements que lui donna Amélie, de l’atmosphère enfin d’une vie de grand-père, la vie se composa dans la petite maison, et elle s’accrut encore d’une bonté d’arrière-saison, d’un de ces besoins qu’ont les vieux de l’automne de chasser leurs bonheurs. La grand’mère avait dit : « Moi, je n’y vois pas clair du tout. » Elle avait été domestique et ne se rendait qu’à des raisons d’argent. Son mot fortifia Basile dans la délicatesse et dans les sentiments. Il eut pourtant quelques sursauts et dit une fois :

— Moi, je veux aller la voir à Paris, cette dame Crouzat.

— Oh ! tu peux y aller, répondit Marie. Elle aussi voudrait te voir.