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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/84

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jardin que l’on soigne. Il ne songeait plus à ce qu’il avait fait, mais il pensait toujours à ce qui lui restait à faire : « Il y a là-bas la place d’un bouquet de roses. » Il n’avait jamais rien remarqué des aventures d’amour. Lorsqu’il la voyait heureuse, il ne s’en demandait pas la cause : un bonheur lui tenait lieu de toutes raisons. Mais depuis quelques jours, elle avait des inclinaisons, il ne savait quoi qui s’échappait d’elle et qu’elle suivait des yeux. Il la prit à part et le lui demanda. Elle répondit :

— Oh ! rien. C’est rien, tu sais.

Il lui mit la main sur l’épaule, elle était assise. Il pencha la tête et la regarda, avec de bons yeux, avec de grands yeux couleur d’étang calme. Il la connaissait, il savait qu’il fallait la forcer à confesser ses petits désirs :

— Pourquoi es-tu toujours si timide avec moi ?

Elle se laissa arracher la chose : Il y avait une vieille dame… Elle lui raconta tout : « Comme elle n’a pas d’enfant, mon petit grand-père, on ne sait pas ce qui peut arriver. C’est peut-être pour mon bien… Tu vois que je ne suis pas timide. »