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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/83

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grand-père… Moi, je lui écrirai à votre grand-père. Je ne veux plus être seule, depuis que je vous connais. Je vous emmène à Paris. »

— Comprends-tu, continuait la tante. Elle s’appelle Madame Crouzat. Toi, tu es Mademoiselle Marie Donadieu, chez Madame Crouzat. Comme ça, tu auras une adresse. Et ton grand-père pourra même t’envoyer de l’argent.

Marie éclata d’intelligence. La tante la crut surprise.

— Grande godiche ! dit-elle. Tu t’émerveilles de tout. On voit bien que tu n’as jamais rien vu.

— Mais, ma petite tante, je n’oserai jamais dire tout ça à mon grand-père.

— Non, mais écoutez-la ! s’écria Amélie. Tu nous en racontes. Voyons : es-tu une femme, oui ou non ?

Marie se tut. Les idées la travaillaient en silence, accentuaient un peu la courbe de son menton et faisaient tout juste passer deux ou trois mouvements dans la peau de ses joues.

Elle n’eut pas même à jouer son rôle. Basile l’examinait chaque jour comme on examine un