Ouvrir le menu principal

Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/82

Cette page a été validée par deux contributeurs.


amoureux, quand un homme vous aime, c’est comme quand un âne porte du sel et qu’il veut passer la rivière. Mais, avec ton grand-père, ça ira encore mieux que tu ne te le figures. Non ce qui m’inquiéterait, ce serait l’autre. Enfin, je m’en charge : il est riche et il t’emmènera… Au besoin, tu connais l’adresse de ses parents. Bien !

Pendant quelques jours, Amélie chercha. Elle avait de nombreux points de repère. Elle inventa une histoire qui se tenait assez bien : Une vieille dame, qui habitait Paris et passait à Lyon quelques mois chaque année, ayant fait la connaissance de Marie, s’était soudain prise d’affection pour elle et l’avait trouvée bien isolée pour une jeune fille. Elle avait perdu autrefois une enfant de dix-huit ans qu’elle adorait. Voici pourquoi elle aurait voulu se l’attacher comme demoiselle de compagnie. Elle était vieille, avec des caprices de vieille dame habituée à la fortune, et, comme elle n’avait pas d’enfant, mon petit grand-père, on ne sait pas ce qui peut arriver. C’est peut-être pour mon bien. Elle m’a dit : « Ça m’est égal. Votre grand-père, votre