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bre du harem. Ses yeux la suivaient, deux yeux bleus, qu’elle croyait gris, et dont la prunelle se tournait en haut vers ce que l’on appelle l’idéal. Elle surgissait soudain. On ne l’appréciait pas tout d’abord ; mais, dès qu’elle s’était calmée, on en avait une surprise : « Ah ! voilà de la pervenche ! » Elle vous eût longtemps trompé.

Une vie nouvelle commença. Elle le sentit dès le retour de Raphaël. La cause en était simple. Elle avait aimé cet homme ; elle avait cru qu’il détenait tout. Lorsqu’elle eût connu la volupté par ailleurs, elle vit que tous les hommes détenaient quelque chose. Elle le voyait bien, lorsqu’elle se promenait à son bras. Il y en avait, aux chapeaux de soie, dont les vêtements, coupés dans un beau style, dessinaient l’élégance de la « saison » et qui prolongeaient leurs gestes par des cannes plaquées d’argent. Il y en avait qui passaient avec des ports de tête, une assurance qu’ils tenaient haut et qu’ils faisaient sonner en marchant. Il y avait des faces que barraient des rides, derrière lesquelles on sentait une passion tenace et dure qui eût percé les fronts