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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/74

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est-ce possible ! » Elle avait honte et osait à peine tirer sur ses manches lorsqu’il lui posait son corsage. Elle n’eut pas beaucoup de plaisir. Ensuite, il la regarda de ses deux yeux de couleur tendre. Ils étaient beaux. On les sentait en communication directe avec son cœur.

Lorsqu’elle rentra, le lendemain, dans la maison de Basile, elle était lasse comme si chacun des sentiments de la veille l’avait piétinée sur la route. Elle conserva jalousement son silence et prévint toute parole par des écarts qui la menèrent jusqu’au fond du jardin où, assise, le poing dans la joue, pareille à une vieille, elle regarda défiler ses fautes et pleura soixante-dix années de vie passée. Pourtant, le désir ne la quittait pas, à la veille de la mort, et elle sentait encore sa chair mâchée agiter tous ses vieux tendons. Alors elle se leva, monta à sa chambre et écrivit au bien-aimé :

« Mon Raphaël. De loin, de près, toujours ! Je t’aime, Raphaël adoré, je t’aime, je puis le dire que je t’aime. Oh ! ton nom est pour moi un coin du ciel bleu. Quand je l’écris, je