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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/69

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Ophélie qui composait plus que des bouquets. Lorsqu’il l’eut quittée, à trois heures du matin et qu’elle se trouva seule, son cœur débordait la chambre. Il lui vint les plus étranges pensées, sur son grand-père, sur sa grand’mère, sur des souvenirs de lecture, sur des images de deux sous et qui lui donnaient toutes le même orgueil : « Vous n’avez pas comme moi un roman d’amour ! »

Jamais autant qu’à cette époque elle ne se sentit près de sa tante. De la gêne qui toujours accompagne un premier amour, elle se dégagea comme on se met à l’aise lorsqu’on rentre chez soi. Un soir, la tante était descendue à sa suite ; mais, lorsqu’au coin de la rue, elle eût vu Raphaël attendre, elle fit demi-tour et remonta travailler, sans plus. Quand la jeune fille revint, Amélie la laissa s’approcher, termina le point commencé, puis dit :

— Et si ton grand-père l’apprend, c’est sur moi que ça retombe. Espèce d’imbécile, comme si tu étais pressée ! Tu en avais bien besoin, d’un étudiant. Enfin, moi, je n’ai plus rien à te dire. Pour toi, tu l’as voulu, tu l’as fait : tâche au moins que ça te profite !