Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/67

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Des paroles vieillottes, des « verts bocages », des « âmes éperdues » et de mille sentiments éternels et défunts, elle sortait, après cent cinquante ans, pareille à quelque image des Confessions et remuant un passé de nos grand’mères qui, du temps de Louis XV, posaient leurs bas pour passer le gué d’un ruisseau. Il était candidat ingénieur et rappelait ces enfants qui ne sont pas poètes et désarticulent un jouet pour voir ce qui se passe en son intérieur. Il ne pouvait attendre qu’elle eût fini, la saisissait dans ses bras et la portait au lit où, avant de la prendre, il avait quelque orgueil et considérait en elle l’instrument des belles chansons. Elle se débattait d’ailleurs, lancée sur un sentiment qu’elle eût bien mieux aimé poursuivre. C’était une fille très vive, mais pour laquelle une vision ou une rêverie passait avant le geste direct d’un Raphaël, qui n’appréciait guère dans les choses que ce qu’il en pouvait toucher.

Elle marchait. Une telle vie, bientôt, lui parut monotone, avec ses mercredis et ses samedis qui tombaient l’un après l’autre. Elle était romanesque, quoiqu’elle n’eût pas de lec-