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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/61

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III



Il y eut, sur le jardin d’un village obscur, une vie déchaînée qui prit les feuillages par masses, fit monter des pelouses une herbe épaisse, verte, grasse, qui toucha les fleurs et les créa à l’image de Dieu, qui se répandit sur les allées, franchit les bornes, domina le monde et qui inondait l’azur comme les rayons, comme les torrents du soleil. Tous ses sens et tout son cœur n’y pouvaient pas suffire. Les mots sont ridicules : Sa virginité s’était rompue comme une digue qui barrait les eaux du bonheur. Elle était allée d’autres fois dans la chambre. À se rappeler cela, elle sentait du feu par son ventre. Elle arrivait à Lyon, escamotait la leçon de piano, inventait des histoires pour réduire la maîtresse aux trois quarts. Raphaël l’attendait à côté de la