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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/58

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pensées contraintes, et s’encourageaient à donner un autre coup d’aile. Il se tourna vers une maison, considéra une fenêtre du second étage, s’y attacha et poursuivit pendant plusieurs pas sa route, la tête à droite. De tout ce qui l’accompagnait et de mille idées bouillantes, il avait peine à tirer quatre mots :

— C’est là que j’ai ma chambre. Tenez : une, deux, trois, la fenêtre du milieu.

Il dit cela et s’entendit, puis il eut moins peur.

— C’est ma chambre. Elle est assez grande. Il y a mes livres, il y a mes dessins. Il me la fallait. Je suis soldat. J’ai voulu avoir une chambre pour la tranquillité et pour préparer mes examens.

Elle suivait cette voix d’un drôle d’air et semblait tendre le cou à toutes sortes de choses comme une oie égarée du troupeau.

Il reprit :

— Nous aurions pu y monter. Moi, je voudrais bien voir comment est faite votre chambre. Vous vous reposerez un peu. Et puis c’est pour vous montrer mes dessins.

Elle répondit :