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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/53

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Il devait avoir des renseignements. Une fois, il entra dans son compartiment au moment où elle en poussait la porte. Le voyage dura une demi-heure, au milieu de toutes sortes de gens dont le voisinage les réunissait l’un et l’autre en un geste vers le sol, en des phrases informes qu’ils prononçaient gauchement, qu’ils n’entendaient pas et qui retombaient à leurs pieds. Il ne savait comment s’y prendre, donnait dans sa tête des coups de sonde pour en apprécier la matière, songeait à s’arrêter tout simplement, étendait ses idées horizontalement dans la plaine, les inspectait toutes et ne pouvait pas trouver celle-là même qui, placée sur son front, eût éclairé sa face. Son ticket coula de ses doigts lâches ; alors il se baissa et resta longtemps, les mains entre les pieds, feignant de ne le point découvrir, parce qu’il avait enfin rencontré tout ce qu’il cherchait : un geste qui l’occupât.

Elle eut, pendant la belle saison, un corsage gris paré de noir, sans importance et sans ligne, mais d’où sortait tout entier un cou dont la blancheur était profonde comme une crème. Pen-