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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/49

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qui commence la conquête d’une femme et donne de tout son esprit pour lui plaire.


Il devait la revoir. Elle rentrait à la maison de son grand-père, y vivait trois jours, bouillait, accumulait sa vapeur et rompait les barrières. Quelque Denis Papin l’eût gouvernée dans un mode nouveau. Elle obtenait tout. Il y eut des jours où Basile lui permit de coucher à Lyon, des matins mêmes où, voyant son front lourd, il disait : « On dirait encore que cela t’attire. Ma petite-fille, tu n’as pas à me craindre. Je sais bien que je ne puis pas t’avoir toujours. » Il l’accompagnait à la gare. Il en était venu à l’aimer avec intelligence. Il la séparait un peu de son cœur de Basile et la posait devant lui pour la raisonner comme un problème. Il n’avait souci que d’être juste ; mais, considérant une matière chérie, sentait une flamme soulever sa justice et la porter à la bonté. Il trouvait toujours un mot : « Pauvre petite, elle n’a même pas de mère ! » D’autres fois, regardant sa maison, les champs, l’horizon, l’heure si longue des campagnes, il oppo-