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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/47

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jeune fille avec eux. Elle était blanche, vierge, inconnue, portait en elle dix-sept ans ; ses avant-bras étaient nus sous les dentelles d’un corsage à manches courtes et, d’un petit décolletage carré, surgissait son cou mince et frais, à certains angles duquel une clarté brillait comme si sa chair eût été de cristal. Il ne s’agissait pas spécialement d’elle. Raphaël s’était préparé sans raison, par un besoin de soldat isolé et par une habitude d’étudiant qui, ayant pratiqué les amours faciles, connaissait l’aboutissement de la femme et ne pouvait voir sous les robes qu’un sexe et du désir. Il jugea celle-ci d’un coup d’œil, la compara d’abord, la goûta et regretta tout aussitôt de n’avoir pas mis son costume du tailleur de Paris, son faux-col haut et sa cravate à deux tours. Sa science du cœur humain était forte et simplifiée. Comme on parlait des cafés, il coupa la conversation pour dire :

— C’est à Paris qu’il y a de beaux cafés : il y en a qui sont dorés de haut en bas, il y en a d’autres où l’on a mis des vitraux. Mais Paris est surtout agréable, lorsqu’on est étudiant.