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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/46

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pour n’éprouver aucune surprise à se mieux connaître.


Au temps où Marie Donadieu avait quitté le couvent et vivait chez son grand-père, Joseph vit entrer au café du dimanche son camarade de la compagnie d’assurances, André Couvert, qu’accompagnait sa femme. Il les appela, les fit asseoir et, se gonflant déjà de l’amitié d’un étudiant, leur présenta Raphaël. L’histoire fut si simple que chacun d’eux se sentit d’aplomb et que, pour accentuer son sentiment, Raphaël paya les quatre consommations, ce qui, en bon droit, eût été l’affaire de Joseph. Ils se quittèrent et, tout aussitôt, Joseph se penchant sur son ami lui dit :

— Tiens, toi qui aimes les petites femmes : il a une jolie nièce. Elle vient à Lyon quelquefois.

Il y a dans nos cœurs deux ou trois réservoirs où tombent les eaux. Le mot suivait son cours lorsque, quelques semaines plus tard, André et Amélie Couvert s’assirent en personne auprès des deux soldats, ayant une