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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/329

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le soleil à mes yeux ? Eh bien, je te le répète, je suis content. J’ai remporté une telle victoire que, vraiment, je ne t’en veux pas. Mon pauvre camarade, tu m’as beaucoup servi. Mais il va falloir que tu partes. Allons, lève-toi. Tu n’as pas de mal ? Tiens, j’arrive. Je vais t’aider à te lever.

Il la prenait sous les bras. Elle adoptait dans la vie une habitude de se faire soulever.

— Ne sois pas brutal, disait-elle.

Il la remua un peu comme pour épousseter ses épaules.

— Et maintenant, tends bien tes bras. Je vais te passer ton corsage.

Plutôt que d’inventer un geste, elle eût mieux aimé que ses manches lui arrachent la peau en passant.

— Alors, tu crois que je ne pourrai plus être heureuse ?

— Oui. Être heureux, c’est un état, c’est un métier. Dans toute ta vie tu as bien dû apprendre que tu ne le connaissais pas.

Ils se donnèrent un baiser, d’ailleurs.

— Oh ! appuie, disait-elle. Que j’aie au moins le poids de tes baisers !