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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/326

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d’avoir raison. Comprends bien cela : je suis orienté par ailleurs. Peut-être n’arriverai-je qu’un centimètre plus loin que je l’eusse fait, t’ayant à ma charge, peut-être m’eusses-tu offert assez de compensations pour que je ne regrette rien. Il est trop tard. Ce centimètre est à moi, il est la plus haute manifestation de ma vie ; je l’aurai, dussè-je retomber ensuite.

Certes, elle entendait les paroles : il y en eut deux ou trois qu’elle porta, qui la chargeaient et qu’elle écoulait ensuite lentement, en remuant ses vertèbres l’une après l’autre. Certes, elle entendait les paroles ; elle les suivait elle-même, on eût dit qu’elle les rampait.

— Je prends ma tête à deux mains, disait-elle ; je contiens ma tête avec mes deux mains. Il me semble que quelque chose en moi s’est déformé : j’appuie, je voudrais tout ramener au bonheur. Je ne peux pas. Ma tête est plus forte que mes deux mains. Oh ! Jean, si l’on me faisait une blessure, s’il y avait un homme assez bon pour m’ouvrir la route, je crois que lorsque mon âme traverserait mon corps pour