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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/322

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m’essayais à des pensées comme ceci : « La femme est un roseau, le plus souple de la nature. » Je plissais ta petite bouche, je l’appliquais sur mon cœur ; car la bouche d’une femme va plus loin que notre peau. Tu aspirais un peu comme lorsqu’on donne un baiser. Autrefois, il m’eût semblé que mon cœur était pompé, que mon cœur allait pénétrer dans ta gorge. Tu m’as dit : « L’amour, c’est lorsqu’on s’assied et que tout cela vous suffit. » Eh bien, j’étais assis, Marie, et je sentis que quelque chose me manquait. Je t’assure que tout se passa comme si tu avais été auprès de moi. Je t’assure que je t’expérimentais. Et tiens, aujourd’hui, tu es auprès de moi et tout se passe encore comme dans le vallon. Je pensais : « Si par hasard, en cet instant, j’étais seul et que je me misse à travailler, je suis sûr que j’aurais du génie. » Ou bien : « Je me sens spirituel, je me sens intelligent pour le monde entier, et voilà que je suis morne auprès d’elle. » Ou bien : « Il y a des amis, il y a des voyages. Quelqu’un que je connais est allé pêcher la baleine. Un autre n’a pas encore fait son choix. Oh ! combien il