Ouvrir le menu principal

Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/320

Cette page a été validée par deux contributeurs.


C’est à cause de mon cœur qui se trouve si bien dans mon corps qu’il se promène jusque dans ma tête.

Mais il répondait déjà.

— Écoute, Marie, il n’y a pas longtemps. Un soir, le soleil allait se coucher. J’étais à la campagne, je descendais un chemin creux. Tu sais combien l’été a été bon. Comment dirais-je ? Il faisait vert, il faisait comme une prairie fait aux vaches. J’ai toujours beaucoup aimé les vallons. Je ne puis pas expliquer cela. Je me coucherais à l’ombre d’un vallon comme si j’avais été oublié, comme si Dieu m’avait borné là et m’avait caché dans l’herbe pour qu’il ne pût pas m’arriver de mal. Et voici qu’au détour du chemin, une chaumière était posée, vraiment une chaumière blonde. Je ne dirai pas que je t’ai vue, je dirai que je t’ai goûtée. Je ne sais pas comment tu entras en moi, mais soudain je te sentis comme lorsqu’on a communié. On croise ses deux bras sur sa poitrine, on se dit : Il est là ! J’avais autrefois bâti ma vie sur la tendresse. Il me semblait que la Terre, ici, décrivait un vallon et, abdiquant l’étendue, déposait une chau-