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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/318

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— Aa… h ! fit-il.

Mais, de la masse gisante, une voix encore sortit.

— Tu m’as jetée à terre, Jean. Tu ne sais pas : j’aurais voulu que tu me jettes à terre. Je me disais : Je mettrai mes deux bras autour de ma tête et je les appuierai sur toutes les paroles qu’il me fera entendre. Puis, plus tard, lorsque je serai seule, je m’étendrai pour moi-même, je replierai mes deux bras pour fermer le monde, je garderai une pose que toutes les personnes n’auront pas eue et que nous serons seuls : lui, à m’avoir donnée, moi, à avoir reçue. Je veux un geste de moi qu’il ait formé. Je l’appuierai sur mon front pour me porter bonheur. Mais, dis-moi que je reste. Tu vois, je ne tiendrai pas beaucoup de place, tu pourras marcher par la chambre. Je t’assure que le bon Dieu l’a voulu : ta petite cousine Valérie — oh ! va, j’ai compris, — eh bien, elle est morte ! Moi, je ne mourrai jamais, je serai là pour mourir lorsque tu mourras.

Puis elle reprenait, elle s’écoulait comme une eau sous une pierre.