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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/317

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souffle en lui pour animer ses formules. Et comme il le cherchait, il donna un souffle pour le trouver. Alors, ce fut comme si un cavalier lui sortait du cœur. Et le monde, soudain, fut frappé par quatre sabots. Et Jean pensa une pensée de Pascal : « Console-toi. Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais trouvé. J’ai pensé à toi dans mon agonie, j’ai versé telle goutte de sang pour toi. » Et lorsqu’il l’eût pensée, il lui sembla que le mauvais ange, lentement, lui traversait la moelle du dos et lui sortait par la nuque en sifflant.

Et tout se remit en place dans son corps, et c’était le matin : un vent de rosée, un vent matinal, sur une terre de débauche balançait une rose. Le reste se passa en deux temps. Tout d’abord, il tendit la tête et rejeta cette femme vers la gauche comme on déplace une entrave. Alors, il vit le jour et se sentit né pour le jour. Puis il se secoua, se dressa et la lança tout entière par la chambre.

Elle alla tomber, elle étendit les deux bras pour protéger sa face. Il s’enfuit vers la fenêtre, il lui semblait respirer pour la première fois.