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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/316

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âme même eût été pompée. Et par ailleurs un vide singulier, une fuite effrayante et grossière : on eût dit que le vertébré qu’il portait en lui l’allait quitter. Alors, il fit un mouvement, pour savoir s’il savait encore faire un mouvement. Il s’agita à droite, il s’agita à gauche, il se coula hors de Marie et, profitant d’un geste, passa sa tête. Pareil à l’affamé qui mord un bouillon et le mâche avec ses deux mâchoires, d’un coin, il aperçut la fenêtre et le jour, s’y jeta de tous ses yeux, se tint à eux et les mangea. Tout aussitôt, il put penser. Il se prenait à un mot, il se prenait à une branche, elle apparaissait, il la saisissait à deux mains, l’appuyait sur lui et lui demandait la foi. Comme on récite un prière pour chasser les mauvaises pensées, il était là : « Le cœur affaibli par les femmes… Vendre son âme pour avoir une femme… Il ne faut pas vendre son âme pour avoir une femme… Celle-ci, comme un mur, m’a caché la fenêtre et le jour… Ne te laisse pas arrêter par les petites choses avant d’avoir atteint les grandes… » Et, mécaniquement, selon le conseil de ceux qui furent tentés, il cherchait un