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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/315

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J’ai voulu pour toi m’habiller toute en maman. Elle m’a dit encore : « Quitte l’autre, c’est celui-ci qu’il te faut. » Si je te manquais, tu aurais quelqu’un à qui t’en plaindre. Elle n’a pas été heureuse. Écoute, Jean, tu as bon cœur, nous lui ferons oublier tout, l’un après l’autre. N’est-ce pas un but pour ta vie, est-ce que cela ne te tente pas, que de prendre une pauvre femme, de te pencher sur elle et de découvrir tout le mal qu’elle a porté ? Si tu ne veux pas me prendre pour moi, prends-moi pour elle. J’ai lu les livres de la piété filiale ; ce sera plus beau que ta mère, ce sera la mienne. Je suis de retour à Paris en compagnie de Raphaël. Je lui ai dit : « Je descends faire une commission. » J’ai mis mon chapeau, me voilà. Bonjour, ma petite commission ! Je suis venue à toi au prix d’un mensonge. Je ne mentirai plus, je garderai celui-là pour que nous le pressions sur notre cœur. Je t’ai tout dit. Interroge-moi encore.

Il entendait cela. Son cœur, son sang, ses poumons, les os de sa poitrine formaient un seul mélange qui lui montait comme si tous ses organes eussent fondu, comme si son