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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/312

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vous ne voyiez où vous êtes ? Voilà le ciel, la terre et les éléments ; or, c’est d’eux que tout est fait… Quand tout ce qui est au monde serait présent à vos yeux, que serait-ce qu’une vision vaine ?… »

Tantôt elle lui bouchait la bouche avec la chair nue de son bras, tantôt, d’une large main qu’elle lui posait au cœur, elle propageait des ondes singulières, car la peau d’une femme va plus loin que ce qu’elle vient à toucher. Il l’accueillait, il la sentait en lui pousser et, comme une bouture que l’on plante s’accroît, se prolonge, se crée de profondes racines et se nourrit enfin du suc intérieur, un lien mystérieux naissait de la femme à l’homme par un simple contact, avec une étrange chimie, avec une sève que l’un d’eux semblait puiser dans l’autre. Il y songeait. Tu as eu une mère, tu as vécu neuf mois dans le ventre d’une femme, tu en es encore tout imprégné et c’est cela que tu retrouves, comme un voyageur reconnaît son pays.

Et elle disait encore.

— Méchant… Tu m’as dit que je n’étais pas