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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/31

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car la plus fine saveur et la plus fraîche lumière naissent goutte à goutte dans les chambres où l’ombre les recueille. De ses cinq filles, il avait fait cinq ménagères. Il les guida suivant les raisons convenues qui gardent la femme au foyer et la préparent au mariage par une jeunesse de cuisine, de confitures et de linge. Mais pour celle-ci, la vie s’appuyait à une autre base, la femme avait la caresse et le chant et, sans le savoir, Basile ajoutait le charme à la forme naturelle des lèvres, et la culture, et la grâce, et tout ce qui entraîne à l’amour. Il la fit entrer dans un couvent.


Un peu en dehors de Lyon, non loin du parc de la Tête-d’Or, dans un quartier oublié, le couvent présentait au quai du Rhône quelques fenêtres perdues dans un mur. La cour d’honneur, bordée d’un cloître, officielle, lente, séduisait les parents sévères par des piliers de pierre de taille et la garantie d’une éducation à principes. Basile eut froid d’abord, mais la seconde cour ressemblait à un parc. D’antiques tilleuls au tronc verdâtre tendaient leurs branches pleines de paix et